Avec l’arrivée du covid-19, une autre épidémie s’est répandue : le conarovirus.

Bactérie satellite du covid-19, le conarovirus infecte essentiellement les complotistes souhaitant éclairer le monde et les anti-complotistes qui les combattent en devenant à leur tour… complotistes. C’est à mourir de rire, ou de rage, méfiez-vous.

L’épisode honteux mettant en scène l’éminent Didier Raoult – qui semble prendre fin à l’heure de ces lignes puisque la France vient d’autoriser le traitement à la chloroquine pour tous les patients – en est l’illustration. Voilà un Dr House sauce PACA, chercheur émérite, que l’establishment français s’est entêté à traîner dans la boue. Son tort ? Avoir eu raison trop tôt. Le professeur au look de biker a en effet fait preuve de pragmatisme en prenant au sérieux l’avis de confrères chinois. Alors que la pandémie n’était encore qu’épidémie, il avait brandi un traitement à la chloroquine combiné à un antibiotique qu’il jugeait « très prometteur » pour endiguer la propagation – sans pour autant parler de remède miracle – prédisant au passage que ses détracteurs finiront par « manger leur chapeau ». C’est exactement ce qui en train de se passer.

Ce revirement laisse croire que le pouvoir aurait cédé, non par conviction mais dans l’espoir d’alléger les coups de fouet promis post-pandémie. Pourtant le thriller ne fait que commencer. Macron pourrait – si si – sortir grandi de cette affaire grâce à une audacieuse posture d’incapable honnête (son prédécesseur a bien réussi le coup de force de paraître héroïque lors des attentats malgré sa gestion catastrophique) Un énième contre-pied n’est donc pas à exclure. La série « Conarovirus » n’a pas dit son dernier mot.

Ici en l’occurence, et pour saisir à qui nous avons à faire, voici quelques distinctions reçues par le personnage principal de cet épisode morbide, le Dr Raoult :

  • 2002 – Prix d’excellence de la Société européenne de microbiologie clinique et maladies infectieuses
  • 2003 – Prix Jean Valade de la Fondation pour la recherche médicale
  • 2005 – Medical grand round, Hôpital de Chicago
  • 2006 – Medical grand round, Université de Stanford
  • 2009 – Prix Eloi Collery, Académie nationale de médecine
  • 2010 – Grand Prix Inserm pour l’ensemble de ses recherches en infectiologie
  • 2015 – Grand Prix de la Fondation Louis D., Institut de France

Rôles principaux – Vaniteux irresponsables

Pour accoucher d’une bonne série, un scénario accrocheur ne suffit pas. Un casting truffé de personnages caricaturaux s’impose également. Dans « Conarovirus », médecins obsédés par la lumière et politiques revanchards sont en tête d’affiche. En voici deux.

Le très bidochon Michel Cymes – qui chercha à ridiculiser le Dr Raoult sur les ondes de la très écoutée RTL, avant que ce dernier ne le mouche via les colonnes de Libération – représente le médecin aigri, pas assez brillant pour être chercheur et persuadé que le nombre de patients/auditeurs acquis à sa cause surclasse celui des publications scientifiques officielles. Dans ce registre, le Dr Raoult en compte plusieurs centaines et fait partie à ce titre du gratin mondial, quid de Cymes ? Que dalle.

La très superficielle Clémentine Autain incarne quant à elle le politique déconnecté et aveuglé par les querelles personnelles. À l’Assemblée nationale puis sur Facebook, elle interpelle le Chef de l’Etat – non sur les moyens à mettre en œuvre pour sortir de cette crise mais sur – « le temps de travail hebdomadaire, les dimanche et RTT », alors même que le pic de contagions pointe son nez et que l’engagement national se veut total. Même confinés, ces vaniteux irresponsables trahissent leur mépris de l’intérêt commun.

Le docteur audimat et la député parachutée de Seine St Denis devraient, comme d’autres, laisser leur boîte à bla-bla sur l’étagère pour filer un coup de main aux agriculteurs. Les fraises et les courgettes demeurent plus utiles – même en temps de « guerre » – que leurs analyses.

Figurants – Charognards de l’étang

Le covid-19 a la forme d’une couronne, le conarovirus lui est polymorphe et se complait dans un environnement anxiogène. Gravitant autour des deux types cités plus haut, une espèce endémique survit en se délectant de restes qu’elle transforme en « on dit » sortis d’on ne sait d’où.

Incarnés par des anonymes, ces alarmistes de bas étage jouent au prophète avec leur cercle proche en extrapolant leurs angoisses avant de les asséner comme vérités absolues. L’apocalypse est au virage selon eux. Des faiblesses personnelles dommageables mais encore relatives face au groupe organisé et intéressé : ces sites/pages poubelles qui relayent des inepties pour assouvir leur appétit de clics. Qui brassent des centaines de milliers de visiteurs qu’ils empoisonnent avec une plume trempée dans l’étang vaseux des ragots publics, et que la toile a vulgairement – mais très justement – baptisés « p*** à clics » il y a fort longtemps.

Il en existe de toute obédience et de degrés divers, et comme chacun devrait balayer devant sa porte, je fais pour ma part allusion aux contaminés du conarovirus qui s’adressent à la « Oumma ». Les nommer de façon exhaustive serait fastidieux et leur faire un savoureux honneur tant ils sont friands de pub bonne ou mauvaise. Ces affamés de la monétisation se gargarisent de déchets éparpillés sur le web pour en faire des articles racoleurs qui généreront une audience, de la pub et in fine de l’argent. Et là où cela devient très agaçant, c’est que certains n’hésitent pas à associer une (prétendue) éthique religieuse à leur désir brûlant de faire du chiffre. Sans gène, ils véhiculent, amplifient, tirent profit de débilités qu’ils agrémentent de formules pieuses.

Ces bigots mercenaires semblent ignorer que la fake news n’a rien d’islamique. Et que la colporter pour l’exploiter revient à la valider. Au VIIe siècle, internet n’existait pas mais la désinformation, la rumeur, la médisance, existait déjà. Et le Prophète bien aimé mettait en garde contre ce vil comportement qu’il comparait à du cannibalisme… Qu’ils y repensent devant leurs carcasses médiatiques.