IDV #1 : « Pope Fever in Morocco »

Ce dimanche 31 mars, la tronche encore plâtrée, départ tôt le matin vers Rabat pour découvrir la communauté chrétienne du Maroc (représentant moins d’1% de la population et composée presque exclusivement d’étrangers) qui s’était réunie pour la venue du Pape François dans le Royaume. C’est la deuxième fois dans l’histoire moderne que la plus haute autorité chrétienne passe au Maroc, la première fois c’était en 1985, avec feu Hassan II qui avait reçu Jean-Paul II. 34 ans plus tard, c’est le Roi Mohamed VI, en sa qualité d’Amir Al-Mouminine (c’est à dire « Commandeur des croyants ») qui invite le patron des catholiques à venir fouler le sol marocain. Cette visite placée sous le signe du dialogue inter-religieux et des droits des migrants est lourde de symboles à plusieurs niveaux. C’est une rencontre entre deux leaders qui sont à la fois Chef d’État et Chef spirituel, donc entre deux communautés, deux religions, deux civilisations, le tout organisé en terre musulmane. À travers mon regard de maghrébin ayant grandi en France, c’est toujours assez déroutant de voir des chrétiens vivre leur foi en toute quiétude au Maroc, tant on nous bassine outre-Méditerranée sur l’intolérance religieuse des contrées islamiques. Voici donc un joli pied de nez aux suprémacistes qui colportent sans relâche des inepties belliqueuses qui font mouche (le terroriste de Nouvelle-Zélande peut en témoigner). Le Maroc, pays musulman, prône la tolérance et assure la protection des minorités dans l’exercice de leur culte. Sans faire d’angélisme dégoulinant dont j’ai horreur, ce genre d’événement n’est pas simplement sympathique, c’est exemplaire et même nécessaire par les temps qui courent. Ce n’est ni plus ni moins qu’un message de paix envoyé au reste du monde.