Comme tant redouté, le typhon baptisé « LREM » prévu pour les Législatives a tout dévasté sur son passage. Brisant par la même occasion la coque fragilisée du vieux paquebot socialiste. Les rats se sont donc empressés de quitter le navire… et n’ont pas tous pris la même direction.

Durant la présidence Hollande, le PS connut une cascade de records de médiocrité. Majoritaire en 2012 (Sénat, Assemblée nationale, villes, régions), le parti à la rose rouge a cédé toutes ses conquêtes. C’est aujourd’hui un vaisseau à l’abandon bientôt contraint de conclure des pactes pour exister. Suite à l’échec d’un président qui n’a pas trouvé la décence de descendre les poubelles d’un quinquennat bâclé en refusant de se représenter – du jamais vu que certains ont présenté comme de la « dignité », quelle indignité – le PS s’est livré à une funeste primaire. Un bal funéraire qui augurait des présidentielles ratées à moins de 7% et des législatives anorexiques autour des 35 sièges. Deux scores minables – les plus bas de l’histoire du parti – obtenus aux deux élections les plus importantes du pays. La phase terminale est enclenchée.

Les deux finalistes à l’investiture du parti, Valls et Hamon, ont rendu leur carte moins de deux mois après les élections. Valls a quitté Solférino la tête basse, et danse dorénavant le flamenco entre le Palais Bourbon et l’Élysée en vue de séduire Macron et rejoindre la majorité LREM. Tandis que Hamon a préféré renforcer l’opposition en lançant sa propre chapelle, le « Mouvement du 1er juillet », dans l’optique de ne pas laisser le champs libre à Mélenchon. Il faut reconnaitre que Hamon – aka Beubeu Hameçon que j’ai volontiers taquiné ici et – a au moins le mérite, à la différence de Valls, de tenter quelque chose. Quand l’un courbe l’échine et cherche à se faire une place auprès du plus puissant, l’autre s’assume et s’apprête à manger des cailloux en attendant des jours heureux… Ces deux-là sont définitivement aux antipodes.

Pour l’enfant d’immigrés né dans les années 1980 sous l’infâme Mitterrand, ce naufrage du PS a une saveur particulière. Un peu comme si le coyote parvenait enfin à stopper bipbip avec un bon tacle à la gorge. Ciao Manu, Bye Beubeu, RIP Parti Socialiste. PS : On ne te regrettera pas.

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