Les récents événements du Rif donnent du grain à moudre aux sachants internationalistes. Ces derniers – mèche relevée, poster de Lénine dépoussiéré et arrière-train confortablement installé dans un bureau climatisé – appellent sans relâche à la rébellion dans des contrées dont ils ignorent presque tout. Armés de leurs dogmes révolutionnaires et d’apparents bons sentiments, ces chercheurs politisés, doctorants casaniers ou tout simplement experts en blabla intéressé, s’imaginent en glorieux messagers d’une civilisation qui aurait fait ses preuves. L’espèce a colonisé le globe depuis le siècle dernier, et l’Hexagone abrite certains des meilleurs pedigrees. Face à ces vautours déguisés en colombes, une question toute bête me chiffonne : « Qui a décrété ou prouvé la prétentieuse idée selon laquelle la république serait l’Alpha et l’Oméga de la démocratie ? » Le bilan global de ce type de régime ne peut prétendre à une telle conclusion. Il existe de par le monde nombre de républiques autoritaires, brutales, injustes, et a contrario, des fédérations et des monarchies, tout à fait démocrates. Ce paternalisme grossier – très français disons le – fait tristement écho à l’impérialisme d’antan.

Chaque peuple a ses spécificités, et vouloir lui imposer un modèle de société revient à imposer une paire taille 44 à quiconque se lève pour marcher. Quand on diabolise l’ingérence mais qu’on la pratique à outrance à travers des interventions se voulant subversives – et qu’on trouve encore le culot de s’affirmer favorable à l’auto-détermination des peuples – on prend non seulement ceux-ci pour des idiots mais en plus on leur « c*** dans les bottes » comme le dit vulgairement l’expression. Il serait temps d’apprendre de ses erreurs. À bon entendeur.

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