La campagne du premier tour prend officiellement fin ce vendredi à minuit. Plutôt qu’un bilan entravé par une actualité très dense (affaires judiciaires, attentat…), L’œil du BAT vous propose, en quelques mots, une interprétation de la victoire de celui ou celle qui entrera à l’Élysée…

Si c’est Emmanuel Macron qui l’emporte, cela voudra dire que la naïveté demeure et que la finance ne s’encombre même plus d’intermédiaire pour préserver son hégémonie. Malgré un marketing si forcé qu’il en est devenu grossier – digne d’un yaourt vendu entre deux spots tv – l’oligarchie financière aura réussi à faire élire son protégé. Le jeune et beau et libéral Macron aura pour rôle de perpétuer les méthodes actuelles en jouant au Valéry Giscard d’Estaing 2.0.

Si c’est Marine Le Pen qui l’emporte, cela voudra dire que la France a définitivement basculé et que l’heure ne pourrait être plus grave. Peut-être pas tant sur la nocivité supposée de la fille du borgne mais par l’affront que sa victoire constituerait : la France aura en effet érigé ce qu’elle a si longtemps combattu. Le clan Le Pen sera alors dans la position de bêtes autrefois battues en cage qu’on aura libérées afin qu’ils protègent la population. Ça risque d’être très moche.

Si c’est François Fillon qui l’emporte, cela voudra dire que le fatalisme a triomphé. Les mises en examen et l’austérité annoncée n’auront pas suffi à écœurer des électeurs résignés à choisir un bourreau, qu’ils imaginent, assez professionnel pour les achever sans souffrance. La France connaitra alors ses années Thatcher – avec des réformes aussi grandes que les blocus engendrés – et plongera dans un spleen de rédemption qui fera exploser le taux de suicide.

Si c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’emporte, cela voudra dire que l’utopie française n’est pas morte. L’arrivée de JLM au pouvoir provoquera les mêmes fantasmes en tout genre surgis lors de l’élection de François Mitterrand en 1981. Espoirs, trahisons et manipulations compris. Cela inclut également que le PS finira à moins de 10%, clôturant ainsi sa phase terminale (comme dit ici lors des primaires) et son éclatement au profit des courants de Macron et Mélenchon.

Si c’est Benoît Hamon qui l’emporte… Non, aucune chance. Hamon, comme Dupont-Aignan, Poutou et les autres, ont autant de chances d’accéder au second tour que vous de trouver les six bons numéros du Loto. Le prochain président de la République sera l’un des quatre favoris.

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