Quand le fondateur de EM! avait annoncé son désir de briguer la présidence, les spécialistes étaient unanimes « Macron ? Une belle bulle qui prendra de l’altitude mais n’ira pas bien loin ». À trois jours de l’échéance, la bulle n’a toujours pas éclaté et pointe même en tête des sondages.

C’est l’histoire d’une réussite marketing sans précédent dans l’Hexagone. En moins de dix-huit mois, Emmanuel Macron, 39 ans, s’est solidement installé parmi les présidentiables. Le tout sans se risquer à des idées neuves ou des propositions tapageuses. Pour s’accaparer le marché, l’énarque de formation a misé sur un choix élargi. Proposer du neuf fait avec du vieux en tenant un discours générique, déclinable à toutes les saveurs. Macron peut aisément dire tout et son contraire en quelques jours, comme le remarquent régulièrement ses adversaires, il sait qu’à notre époque pixelisée le succès ne repose pas sur le fond mais sur le packaging.

Sans jamais avoir été élu, le pas-encore-quadra, ancien banquier de chez Rothschild, propose en réalité une politique de statu quo favorisant l’économie financière et la cour des miracles réunie autour de lui. En jetant un oeil à ses différents soutiens, on constate que Macron, telle une boutique de macarons, dispose bien de tous les parfums (de Robert Hue à Bruno Le Maire en passant par François Bayrou ou Manuel Valls pour ne citer qu’eux). Celui qui pourrait devenir le plus jeune président de l’histoire du pays cherchera donc un consensus pour satisfaire les forces en vigueur, sans jamais s’aventurer à s’interroger sur l’intérêt du peuple.

Comme pour les macarons Ladurée, on raconte que le savoir-faire et la qualité justifient le prix. Or ce « Fait maison » est en fait alimenté, à l’abri des regards indiscrets, par des livraisons nocturnes d’industriels expérimentés. Force est de constater que le Macron a bel et bien duré.

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