Le PS voulait une grande primaire à gauche, mais après que Macron et Mélenchon lui aient répondu « Commence sans nous, on arrive », il dut revoir son ambition à la baisse et rebaptiser son événement « La primaire citoyenne ». Plus de gauche, ni de socialisme dans l’intitulé donc. Ce débat entre-soi aurait dû en fait s’appeler : « La primaire mitoyenne » pour plusieurs raisons.

Mitoyenne d’abord par la sensibilité politique des candidats. Les lignes de chacun sont peu éloignées les unes des autres et assez centrées au niveau national. Les candidats étiquetés à gauche du parti, Hamon ou Montebourg, se distinguent bien de l’ancien Premier ministre mais restent à bonne distance d’un Filoche ou d’un Mélenchon (sans pour autant refuser de discuter avec ce dernier le moment venu). De l’autre coté, avec Peillon au centre-droit du parti et Valls à la droite frontalière, c’est moins nuancé. Les deux ont prouvé (par la parole pour le premier, par les actes pour le second) qu’ils pouvaient être aussi libéral que Macron. À défaut d’avoir renoué avec les alliances victorieuses du passé en penchant vers l’extrême gauche, l’ancrage du parti s’est donc déplacé vers le centre de l’échiquier et une social-démocratie à la française.

Mitoyenne enfin (Ramirez susurre que c’est également une contraction des mots « Mytho » et « Citoyenne ») par son conformisme et son manque de fraîcheur. Un constat l’illustre : sur les sept candidats proposés, cinq ont participé à un gouvernement lors du dernier quinquennat. Dans cette primaire aux airs de dernier tour de piste pour le PS, voici l’épitaphe de chacun…

Faites entrer les pierres tombales du Parti socialiste s’il vous plaît, musique !

Benoit Hamon – 49 ans

« Ch’vous avais bien dit que ch’allais y aller hein ? Alors c’est Beubeu ou c’est pas Beubeu ? »

Manuel Valls – 54 ans

« J’aurais préféré débattre avec un islamiste fan du Real Madrid, mais je n’avais pas le choix. »

Jean-Luc Bennhamias – 62 ans

« J’ai vu de la lumière et des lustres dorés… Je repars déçu, rien à se mettre sous la chico. »

Sylvia Pinel – 39 ans

« Que faisaient ces gens, cette scène et toutes ces caméras pour mon oral de Français ? »

Arnaud Montebourg – 54 ans

« J’ai longtemps été le meilleur d’entre nous. Et je m’étais juré de ne pas finir comme Juppé. »

François de Rugy – 43 ans

« Evidemment que j’allais perdre… J’étais juste passé labourer le terrain pour 2022 et 2027. »

Vincent Peillon – 56 ans

« Pour présider, il faut aimer la poésie et exhiber un joli melon. Je pensais avoir mes chances. »