Hier à Berlin, le président Hollande a dénoncé les derniers bombardements russo-Assad qui déciment des civils pris en otage dans Alep-est. Amen. Quid des victimes des raids de la coalition occidentale, et donc de la France, depuis près de deux ans ? Tous des « terroristes » ?

« Alors on fait quoi ?! Si on ne bombarde ni l’un ni l’autre ?! » s’interroge le spectateur mi-choqué mi-agacé. Et bien on ne bombarde pas, c’est aussi simple que cela. La méthode n’est pas la bonne. On n’extrait pas une tumeur en opérant à la hache. Certains grands esprits téméraires chaudement assis sur leur siège en cuir, comme Mélenchon qui avait « félicité Poutine », s’en accommodent en comparant l’offensive russe aux bombardements américains lors de la Libération, or ces deux cas sont simplement incomparables. En Syrie, il ne s’agit pas d’une force étrangère en guerre avec la quasi-totalité de ses voisins, mais d’une guerre fratricide. La solution au problème syrien n’a jamais été et ne sera jamais dans les bombardements, peu importe le camp. C’est un tel sac de nœuds, avec des alliances et des conflits d’intérêts de tout part, que le salut ne peut venir que d’un compromis politique. Ceci même si l’idée de discuter avec Assad déplait aux bien-pensants occidentaux. La France joue un rôle depuis le début de ce conflit (et même historiquement à l’échelle du pays), elle se doit donc d’œuvrer pour la paix.

Bien malin celui qui s’aventure à désigner l’unique coupable de ce chaos. La Syrie d’aujourd’hui ressemble à un saloon avec femmes et enfants où une demi-douzaine de cowboys, répartis en deux camps faussement fédérés, se canardent mutuellement. Les murs comme la chair n’ont plus beaucoup de valeur. Il est temps que quelqu’un parvienne à faire poser les armes pour réunir tout ce beau monde autour d’un crédo simple : seul celui qui refuse de négocier pour poursuivre la lutte armée, entrainant ainsi toujours plus de victimes innocentes, sera combattu. Sans angélisme, c’est un principe bien connu dans cette région du monde qui pourrait faire mouche. Hollande, comme beaucoup d’autres, doit penser qu’il est déjà trop tard. Cette démarche serait pourtant toujours plus fructueuse que de persister à armer et recevoir les opposants au régime d’Assad sans perspectives réelles. Le président devrait jouer son va-tout diplomatique pour espérer décrocher un cessez-le-feu, et faire ainsi véritablement preuve de « grandeur », en osant une table ronde élargie au possible… Sinon, d’autres s’en chargeront.

François Hollande, qu’on a volontiers flatté pour son annonce surprisecontinue sa partition bien qu’il n’ait rien à perdre et tout à gagner. Il quitte ses fonctions dans moins de six mois et l’empêtrement français dans ce dossier syrien ne peut être pire. Un peu de courage, bon sang.