Point de triomphalisme mais comme pour le « fiasco Obama » que chacun refusait de voir venir, L’œil du BAT vous avez annoncé plusieurs mois à l’avance la victoire de Donald Trump.

Au mois de juillet dernier dans « Atrump-moi si tu peux », moment où il remporte l’investiture républicaine, j’exposais les raisons pour lesquelles le promoteur immobilier au teint orangé avait de grandes chances de décrocher un bail à la Maison Blanche. C’est dorénavant chose faite. Et au delà du refrain sur le « retour du populisme » (qui n’est ni vrai ni faux) qu’on sert dans toutes les crémeries, la victoire de Trump confirme surtout les deux points suivants :

  • Les instituts de sondages, qui pensent compter du bétail entièrement dédié à leur candidat, se sont encore lourdement trompés et prouvent une fois de plus qu’ils jouissent d’une importance injustifiée dans le jeu politique. Après le Brexit, cette nouvelle bourde devrait convaincre les plus sceptiques qu’il faudra à l’avenir non plus se méfier, mais peut-être carrément ignorer, les sondeurs pour se concentrer sur le seul et unique baromètre de notre époque : les réseaux sociaux. Trump a fustigé les sondages pendant toute la campagne et dépensé presque deux fois moins d’argent que sa rivale démocrate en limitant les spots TV au profit de la Toile. Et il remporte pourtant l’élection presque sans difficulté. CQFD.
  • La misogynie semble plus coriace que le racisme, en tout cas outre-Atlantique. Les États-Unis ont en effet élu un Noir à la Maison Blanche en 2008 mais ne sont toujours pas prêts, même huit ans plus tard, à élire une femme. Alors certes, le candidat Obama frôlait la perfection (frais, cultivé, séduisant) au contraire d’une Hillary Clinton (usée, impopulaire, froide) qui ne pouvait s’affranchir d’actions très controversées réalisées dans le premier cercle du pouvoir ces vingt dernières années. Le casting était donc mauvais mais le timing n’était pas non plus au rendez-vous. Même face à une candidate qui aurait incarné la synthèse de Marie Curie et d’Eva Longoria, le patriarcat américain n’aurait pas cédé.

Comment est-ce possible ? Donald Trump avait l’almanach pardi ! Comme dans « Back to the futur II » dans lequel il apparaissait sous les traits de Biff Tannen – les scénaristes s’étaient réellement inspirés de lui pour ce personnage – Trump détenait la recette secrète, contenant notamment les deux points cités plus haut, enfermée dans un coffre. Parallèle cocasse (et troublant de réalisme) mis à part, L’œil du BAT avait rapidement vu en lui le Ronald Reagan du XXIème siècle : candidat « hors système politique » mais star du show biz qui arbore l’étiquette du vaillant cow-boy prêt à tout pour défendre sa nation. Les communicants compétents vous le diront : les messages les plus efficaces sont les plus simples. Ces deux-là peuvent en témoigner. In fine, rien ne sert de s’alarmer. Trump est effectivement plus outrancier dans la forme que ses concurrents, mais pas tellement dans le fond. Sa prétendue bêtise et sa cruauté n’ont rien à envier aux prétendants qu’il a tour à tour vaincu (ils étaient douze à se présenter à l’investiture républicaine dont des poids lourds du parti tels que Ted Cruz, Jed Bush ou Marco Rubio). Il y a le temps de la campagne et celui de la gouvernance, le 45ème président des États-Unis saura mettre de l’eau dans sa coloration peroxydée car « business is business ».

[Update 11/11 : ci-dessous des captures de posts Facebook qui témoignent de ma bonne foi, ainsi qu’un tableau récapitulatif des votes par catégories qui accrédite mon analyse ci-dessus.]

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