À chaque attentat, François Hollande sert le même diagnostic. Nous serions en guerre contre un ennemi qui en voudrait à « nos valeurs et à notre mode de vie ». Circulez, y a plus rien à voir.

Pichenettes dialectiques

Pas un mot sur sa politique étrangère qui pilonne quotidiennement des habitations et tue des milliers d’innocents à travers le monde (les fameuses « victimes collatérales »). Les bombardements français en Syrie ont beau avoir précédé les premiers attentats sur notre sol, Hollande (et la bien-pensance férue d’ingérence) explique que l’interventionnisme dans ce pays est salvateur car cela aide les Syriens à se débarrasser de Bachar al-Assad (un peu comme on a aidé les Libyens avec Kadhafi ou comme on aurait aimé le faire il y a deux semaines avec Erdogan en Turquie). Hollande, et son taux d’impopularité historique pour un président en exercice, devrait se méfier de cet argumentaire qui pourrait se retourner contre lui. Il existe en effet quelques Français qui ne seraient pas contre un petit putsch pour le chasser de l’Élysée.

Le dentiste forcené (et intéressé)

Pour résumer l’histoire en deux mots : un mec se pointe chez vous sans invitation, se prétend dentiste et vous pète toutes les dents de devant pour vous soigner une carie. Vous vous retrouvez ensanglanté et édenté mais votre misérable carie ne vous fait plus souffrir, alors vous devez vous estimer heureux de voir que, pour se payer, le chirurgien improvisé dévalise le frigo et pose son baluchon dans le jardin. Voilà grossièrement, mais néanmoins fidèlement, ce qu’est l’interventionnisme français (et plus largement « occidental ») en Syrie et ailleurs. Dès lors, pas étonnant de voir l’autochtone chercher à s’occuper lui-même de sa carie, quitte à avoir un dentier, et garder une incisive revancharde contre celui qui voulait lui ôter le sourire. Pour sauver ses intérêts à l’étranger, la présidence ment comme un arracheur de dents. Et le peuple, bien qu’étant lucide, préfère se laisse berner plutôt que d’affronter le bruit de la roulette…