Quelques jours après le scandale des « Panama Papers » (cette fuite de 11,5 millions de documents provenant d’un cabinet d’avocats panaméen qui mit à jour plus de 241 000 sociétés-écran afin d’échapper au fisc) le parlement européen vote un texte appelé « Secret des affaires » renforçant l’opacité financière de l’entreprise, lui permettant même d’attaquer en justice quiconque révèlerait ses montages financiers. Un modèle d’ajustement, et de cynisme.

Banana

MoneyBanane_LoeilDuBatQu’on se le dise, l’évasion fiscale est une escroquerie (et donc une banane pour parler vulgairement). Un citoyen qui cache son argent pour s’exonérer de l’impôt public tout en bénéficiant, directement ou indirectement, de l’aide de l’État, est un escroc. Ni plus ni moins. D’autant qu’il s’agit ici de montants co-lo-ssaux. Plusieurs dizaines de pays sont concernés, et la France n’est pas en reste. Les noms de Platini, Cahuzac, Drahi, DSK, Balkany, Le Pen ou encore l’ex-première dame de France Cécilia Attias (ex-Sarkozy) ont notamment été cités.

Pampers

PampersPeur_LoeilDuBatLa fuite de ces documents très sensibles a semé la panique chez les cachotiers (chefs d’État, célébrités, sportifs…) qui s’administrent du Smecta 10g pour tenir le coup. En Islande, le chef du gouvernement et deux ministres démissionnent, provoquant des élections anticipées. Et pour cause, la fraude fiscale c’est THE manque à gagner pour une nation, et de très loin : près de 80 milliards d’euros estimés en France en 2012. Les politiques n’aiment pas tant qu’on leur rappelle car (bien trop) souvent, ils y sont mêlés.

Secret des affaires

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Vote au parlement européen (Photo : Libe.fr)

Une fois n’est pas coutume, côté législatif, c’est réactif. L’affaire éclate juste avant le vote d’une directive de 2013 visant à protèger les opérations suspectes des sociétés. Le lanceur d’alerte espérait sans doute mobiliser l’opinion publique… En vain. Les fraudeurs ont donc remis leur lunette de soleil.