Quand le candidat Hollande accusait le gouvernement d’inventer des terroristes

La scène se déroule en 2009 sous la présidence Sarkozy. Attablé à une terrasse parisienne (troublante coïncidence) François Hollande répond aux questions de John-Paul Lepers pour LaTéléLibre. Le candidat PS fustige les mesures sécuritaires du pouvoir et sa gestion de l’affaire Tarnac (sabotage du TGV) tout en mettant en garde contre les dérives liberticides…

« Au nom d’une cause juste, la lutte contre le terrorisme, on est en train de faire des amalgames et des confusions : celui qui n’est plus dans la norme, a un comportement déviant et même, est au-delà de la loi, peut être assimilé à un terroriste. C’est là une atteinte grave aux libertés ! »

Et d’expliquer que « C’est peut-être pour montrer une efficacité qui sur d’autres terrains notamment économiques et sociaux n’est pas forcément au rendez-vous ».

On pourrait presque croire qu’il commente à l’avance et avec une extrême lucidité son action depuis 2015. Jetons un œil sur l’agenda des lois relatives à la liberté des citoyens. En 2013, un an après son élection, il fait voter une loi sur la programmation militaire. En 2014, c’est une loi sur le terrorisme. En 2015, une autre sur le renseignement. Au vue des événements qu’a connu la France, on peut être clément sur ce revirement idéologique et comprendre cette boulimie législative, mais l’accablante inefficacité de ses mesures ne plaide pas en sa faveur. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en seulement deux mois, on recense 3021 perquisitions et 381 assignations à résidences pour… 4 procédures antiterroristes. Ça fait beaucoup de portes défoncées, d’innocents interpellés et de vies bouleversées. Comme le dénonce Amnesty International qui appelle la France à mettre fin à l’état d’urgence. On se pose donc la question « Que dirait le candidat Hollande face aux dérives sécuritaires du président Hollande ? »