Le président Hollande veut inscrire la déchéance de nationalité dans la constitution. La gauche soupire, la droite applaudit, et l’électeur socialiste ne sait plus sur quel pied danser…

Étonnamment, Hollande se démène pour cette mesure discriminante. Il existe pourtant déjà une loi qui permet de déchoir la nationalité à un individu qui commettrait des actes dangereux envers son pays. Il lui suffisait de la modifier s’il désirait l’adapter au vue de la situation. Nul besoin de toucher à la constitution. Celle-ci est (théoriquement) un socle  inamovible des valeurs d’une nation. Cette déchéance serait d’ailleurs anticonstitutionnelle car en contradiction avec l’article premier qui dit « La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » Or, une déchéance réservée aux binationaux revient à diviser le pays en deux, en légiférant un deux poids deux mesures entre les Français dit de souche et les autres. À l’heure où le rassemblement est justement capital, Hollande déjoue en trouvant l’inspiration dans ses origines familiales (papa était frontiste, rappelez-vous). S’est-il laissé convaincre par son Premier ministre qui lorgne vers la droite ou par les résultats du FN lors des régionales ? À la tête d’un gouvernement socialiste qui ravit davantage la droite que la gauche, Manuel Valls boit du petit lait. Et ne s’économise pas pour défendre son action, allant jusqu’à fabuler sur Facebook une interdiction allemande (qu’il supprimera ensuite) ou un débat imaginaire en Belgique sur le même sujet. Comme l’a si bien dit Daniel Cohn-Bendit : « Il faut de toute urgence que Manuel Valls retourne à l’école »

Cela ne serait pas une mauvaise idée, car en plus de ne représenter qu’une infime partie de sa famille politique – sa motion était arrivée avant dernière avec moins de 6% lors des primaires du parti – de se comporter de manière partiale et pour le moins communautaire – « les juifs peuvent porter librement leur kippa » versus « le voile restera pour moi un combat essentiel » – Valls semble avoir de graves lacunes, et pas qu’en self-control. En témoigne son cursus (Bac +3) plutôt léger pour diriger un pays, de surcroit la cinquième puissance mondiale.

Après (l’incident) Ayrault, Hollande avait besoin d’un Premier ministre nerveux pour contrebalancer son coté « flamby ». Un paratonnerre efficace et assez agaçant pour ne pas lui griller la priorité en 2017. En cela, le casting est parfait. Valls se sait dans la position du fusible mais son orgueil catalan lui susurre qu’il réussira là où d’autres ont échoué (Balladur en 1995, Jospin en 2002). Avec cette deuxième partie de mandat, Hollande, lui, prouve malheureusement qu’il n’est qu’un politicien enfermé dans une logique politicienne, et certainement pas un chef d’État. Cette déchéance de nationalité portée avec détermination tend en fait à cacher une autre déchéance… la sienne. Politique et dogmatique. Lors de son élection, je m’étais empressé d’annoncer qu’il avait le profil pour devenir le pire président de la Vème république. Depuis, il a surpassé toutes mes craintes.

Bonus : Une petite vidéo de prévention pour lutter contre les problèmes de discernement. 

« Hollande, le FN, et le vote socialiste »

Le joueur de bowling = François Hollande.
La boule de bowling = le programme du FN.
Le passant malvoyant = l’électeur socialiste.