À l’image de l’hystérie délétère post-11 septembre palpable dans de nombreux pays, la France post-Charlie permit aux liberticides de sortir du bois le couteau entre les dents. Aussi bien intellectuellement que factuellement. Un chiffre l’illustre : en 15 jours, le pays connaît autant d’actes islamophobes (allant de la profanation aux jets de grenades, en passant par les agressions physiques ou verbales) que durant toute l’année 2014. Une poussée secondée par l’Etat : le pays vient d’être dénoncé par Amnesty International pour ses arrestations abusives.

  • Hype versus Reality

MicrosPrDiffamerLe plus inquiétant dans cette psychose générale reste la position du pouvoir qui acquiesce l’offensive de laïcards décomplexés dans leur croisade anti-musulmane. L’affaire du petit Ahmed (enfant diabétique de 8 ans, brutalisé et privé de son insuline avant d’être amené au commissariat pour « apologie du terrorisme ») est un exemple probant. La ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a repris la seule version du directeur de l’école (alors que l’instruction est toujours en cours) en pointant l’agressivité du père sans avoir un mot pour le préjudice subi par l’enfant. Face à la presse, NVB ne s’est pas contentée d’être cynique et illégalement partiale, elle a ajouté la calomnie à l’infamie en affirmant que ce n’était pas l’enfant qui était poursuivi mais le père. Ce qu’a démenti quelques heures plus tard l’avocat de la famille en rappelant qu’il avait « PERSONNELLEMENT » signé le PV incriminant l’élève de CE2. Cette vague populiste (rose rougeâtre et non brune ou bleu marine) encourage les abus et les témoignages zélés : une mère s’est vu retirer ses cinq enfants, dont un nourrisson de trois mois, car le projet du mari de s’installer en Tunisie intriguait les autorités. L’écrivain Mohamed Kacimi invente une rencontre alarmiste avec des lycéens admiratifs des terroristes (reprise par plusieurs chaînes de télé via des intellectuels dont l’infatigable Finkie) avant de fuir devant la mise à jour de sa supercherie. Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie sous Sarkozy, brode – en simultanée sur BFM tv et RMC – une histoire d’élèves retardataires à cause des horaires de prière, avant de reconnaitre le surlendemain (face au démenti de l’Inspection Académique) qu’elle avait « mal compris ». Bref, le bal est ouvert. Venez avec votre mensonge islamophobe, il y aura toujours un micro pour véhiculer votre farce. Pour tous ces cas et tant d’autres, mea culpa ou non, le mal est fait « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose… »

  • Campagne de dé-radicalisation versus Bon sens

La réalité c’est que depuis une dizaine d’années, ce n’est pas une dé-radicalisation mais bien une dé-islamisation que l’État entreprend à l’égard de ses compatriotes musulmans.

StopJihadismeLes lois sur la laïcité de 2004 et 2010 (totalement contraires à l’esprit de 1905) excluent une partie des citoyens au lieu de les inclure sans distinction de confession ou d’accoutrement, comme le préconise le principe républicain. On est en droit de se demander si nous sommes gouvernés par des idiots finis ou des gens malintentionnés ; car pour bâtir une nation apaisée et unie, il faut promulguer l’exact contraire de ce qui est actuellement appliqué. La pensée mainstream recommande la formation de prédicateurs « modérés » qui façonneraient des musulmans « modérés » pour tenter de combattre « l’intégrisme ». Cette idée d’un islam light est d’une bêtise sans nom qui renforce l’engrenage d’ignorance dans lequel les valeurs islamiques se sont perdues. Car plus on laissera le musulman être musulman, plus il sera civique. Plus il connaitra sa religion, plus il saura que la pédagogie et le bon comportement étaient des traits caractéristiques de son prophète. Plus il sera à l’aise avec sa foi en société, plus il sera tolérant avec celles des autres. Les terroristes ont ce point commun qu’il s’agit toujours de jeunes aux passés troubles qui disposent de quelques années d’apprentissage dans des lieux inappropriés à la théologie, à savoir en prison ou sur internet. Il est évident que plus le fidèle sera armé religieusement, moins il se laissera séduire par des théories bancales. L’État a donc tout intérêt à faciliter l’accès à l’enseignement et aux pratiques religieuses, plutôt que de jouer à cache à cache avec (au moins) cinq millions de ses compatriotes ; en empêchant aux filles d’étudier, aux femmes de travailler, ou aux mamans de participer aux sorties scolaires. D’autant que cette ignominie segmentante offre du grain à moudre aux marginaux revanchards qui n’en espéraient pas tant. Si le musulman se sent musulman (pas culturellement mais au sens religieux du terme) il sait qu’il appartient à la « religion du juste milieu » et que la réflexion fait partie de son cheminement. Si il l’est de manière superficielle, il n’aura pas le bagage spirituel pour dompter sa passion quand la situation le submergera. Comme c’est le cas pour le terroriste… et le politique lorsque l’actualité l’oblige à réagir sans réfléchir.