Je ne suis pas peu fier d’avoir flairé l’entourloupe dès le début. En 2008 quand l’Obama Mania s’empare de la Toile, j’étais resté circonspect, passant volontiers pour le grincheux de service. La suite m’a donné raison. Après deux mandats, le président au look hollywoodien n’a (quasiment) rien changé. Il aura juste occupé l’espace, pour mieux le figer.

Un candidat (presque) parfait

ObamaChangeDès le départ, les adversaires d’Obama sont tombés tête baissée dans le piège qu’on leur avait tendu. En focalisant sur ses origines, ils ont maladroitement admis que son programme politique était sans faille. C’est d’ailleurs cette stratégie finement exécutée par son équipe qui m’inspira d’emblée la méfiance : « Sénateur afro-américain, ancien travailleur social à Chicago, inconnu deux ans avant, décroche la Maison Blanche ? » La surprise, trop grande pour être crédible, et les attentes, trop vastes pour être réalistes, ne pouvaient durer. Au pays du dollar providentiel, les idées allant à contre courant des intérêts sur lesquels la nation s’est bâtie sont surveillées comme le lait sur le feu. Bien que sa candidature pouvait paraitre innovante, voir subversive, le (vrai) changement n’a jamais été envisagé. Sa marge de manoeuvre était si réduite qu’il se savait coincé dès le premier jour. En bon basketteur, Barack doit connaitre cette expression de baller taquin qui caractérise si bien sa présidence : « One million dollars move for a ten cent finish » – Tout ça pour ça. Sa mission s’est limitée à faire entrer une famille black au sein de la White House, pour le plus grand plaisir des nostalgiques du Cosby Show, et au grand désespoir des disciples de Luther King. Certains s’en contentent pour atténuer l’immense déception politique, car même en lui cherchant des poux, on finit par lui trouver des excuses. Barack mélange tellement les genres, qu’il n’est attaquable sur rien. Il est étiqueté démocrate mais son personnage historique préféré est républicain (Abraham Lincoln). Il porte un nom à consonance musulmane mais se revendique Chrétien. Il reçoit le Prix Nobel de la paix mais maintient une politique militaire impérialiste. La méthode Obama consiste à rassurer les vieux faucons perchés sur leur lubie, tout en divertissant les jeunes panthères ensevelies dans la boue. Son breuvage est un smoothie à la fois « poison et antidote » qui anesthésie toute dynamique de changement.

Un président (plus que) moyen

barackC’est ainsi. On ne peut s’affranchir des espoirs que l’on suscite, principalement quand on les a quémandés. Si l’on se réfère aux attentes placées en lui, on peut même remplacer « moyen » par « médiocre ». Son bilan est aussi famélique à l’Intérieur qu’à l’Extérieur. Économiquement, la dette américaine continue d’exploser (60 000 milliards $) malgré une légère croissance qui pointe timidement son nez. Les États-Unis, seul responsable de cette crise économique mondiale, ne s’en sortent pas trop mal. Mais Obama a joué petit bras en sauvant les meubles sans s’attaquer aux malfrats de Wall Street comme il l’avait promis. La patate chaude sera donc transmise à son successeur avec le sourire du travail bien fait. Pire que tout, socialement, le miracle n’a pas eu lieu. Pendant que le chômage atteint des records à deux chiffres (du jamais vu outre-Atlantique), le pays retrouve un parfum ségrégationniste façon sixties, avec son lot de meurtres d’hommes noirs et d’émeutes à travers le pays. Coté international, ce n’est guère mieux. Les principaux efforts octroyés l’ont été pour le créancier chinois. Les autres, s’adressaient à une boite vocale. La diplomatie, pour laquelle Obama était-est-et-sera toujours encensé, n’a littéralement rien donné : échec au Proche-Orient, mise à l’amende russe, statu quo nord-coréen… Même l’inqualifiable camp de Guantanamo renferme toujours près de 142 prisonniers depuis plus d’une décennie. À force de compromis, Obama ne décide de rien. En cela, il gouverne de la même manière à l’échelle nationale qu’à l’étranger. Beaucoup pensaient que son dernier mandat serait l’occasion de mesures fortes, courageuses, historiques qu’il n’avait pu mettre en place lors du premier. Droit dans le mur. Les récents événements prouvent une fois de plus sa gouvernance en pilotage automatique. Son silence lors du carnage de Gaza, sa mollesse face aux affaires Trayvon Martin, Ferguson, Eric Garner… pointent son manque criant de courage politique. Hormis la très médiatique « Obama Care », Barack ne laissera rien de notable dans l’Histoire. Tout au mieux de l’anecdotique. Et demeura plus proche des paillettes cathodiques d’un Reagan, que de l’efficacité téméraire d’un Rooselvet. Oui, une belle arnaque cet Obama.

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