La souffrance humaine. Le traitement médiatique partisan. La soumission de la présidence. Nombreuses sont les raisons d’attraper un ulcère à l’estomac. Tandis que mes émotions font le yoyo et que mon cerveau engourdi par le jeûne navigue sur les réseaux sociaux, un statut faussement mielleux (un de plus) attire mon attention. Le genre de réaction tellement neutre qu’on s’interroge sur son utilité. Provenant d’une espèce particulière qu’ici au BAT nous appelons : intermétiède (cf « Expressionary #5« ) le post évoque Gaza et ses bombardements. Là, l’intermétiède joue au pacifiste, au gars raisonné, il a plusieurs manif à son actif qu’il brandit comme de véritables trophées. Dès qu’il se sent attaqué, il évoque humblement Mandela ou Gandhi (oubliant que ces derniers faisaient la différence entre « action non violente » et « tiédeur victimaire »). Il dénonce les extrémistes des deux camps, prend partie de manière superficielle, et s’offusque des comparaisons abusives et autres dérapages verbaux de ce qu’il caractérise comme un « conflit ». De tous, voilà le plus agaçant. Beaucoup moins honnête ou concerné que l’indélicat supporter palestinien qui poste des photos de victimes ensanglantées ou l’idiot supporter de la LDJ qui considère les massacres de Tsahal comme de la légitime défense, l’intermétiède est un fin calculateur. La politique, c’est mauvais pour les affaires. Ainsi quand l’actualité l’oblige à réagir sous peine de paraitre insensible, il n’oublie jamais son masque de chirurgien. L’image qu’il reflète primant sur la réalité du terrain, il est nécessaire pour ce démago funky de rester circonspect afin de veiller à ne pas froisser les contacts (de tous bords) qu’il juge utiles pour sa carrière. Pour cela, il paraphrase à outrance et n’hésite pas à jouer au moraliste comme on ressert un nœud de cravate avant un entretien. Loin d’être « un positionnement sage » c’est avant tout un positionnement lâche. Le drame qui se joue au Proche Orient est à ce point asymétrique qu’on ne peut même pas parler de conflit, c’est de la boucherie ni plus ni moins. Le dire tel quel n’est qu’une constatation que chacun devrait pouvoir faire sans se soucier des répercussions.

Si tu penses être suffisamment informé, intègre, et courtois pour débattre, fonce. Pense juste à choisir un interlocuteur adapté, cela t’évitera un dialogue de sourds. Confronter son avis reste la meilleure des écoles, et participe bien plus à la cohésion sociale que n’importe quel programme politique. Pour les autres, je vous rappellerai cette citation qui m’est très chère « L’intégrité te ferme des portes, mais t’en ouvre d’autres » Regardez-vous dans une glace, et par pitié… Carry your balls.