Les cheminots (plus précisément les syndiqués CGT) viennent de conclure leur 9ème jour de grève. Une fois de plus, le timing désastreux de leur mouvement prouve leur individualisme et cette fâcheuse tendance à vouloir duper l’opinion en expliquant que leur lutte ferait « avancer l’intérêt commun ». Or, le Français sait que Bruxelles impose, comme pour le reste, la manière dont les transports français devront fonctionner à l’avenir, alors à quoi bon pénaliser ses compatriotes ? Des milliers d’usagers qui n’ont pas d’autres choix, des salariés déjà sur le fil du rasoir, jusqu’aux lycéens qui passent leur bac, tous, sont les premières victimes de ces cheminots grévistes qui s’accrochent à leurs privilèges comme des bourgeois avant la révolution. Il y avait mieux à faire : un boycott des lignes Paris-Bruxelles (et des FirstClass) aurait eu plus de sens et d’impact que cet énième blocus généralisé. Le mainstream gauchiste voudrait qu’on les soutienne sous prétexte qu’ils font face au patronat. Seulement, le patronat, lui, roule en berline et se moque bien des transports en commun. Pendant ce temps, la masse subit. Voilà tout le paradoxe que la gauche aime entretenir : sacrifier le réel au profit du dogme.