Homo Sapiens est un sain. Homo Politicus, un assassin. De toutes les erreurs que l’on peut commettre, le mensonge truste certainement la première place. Mentir pour tromper son semblable incarne la pire des calamités car c’est souvent celle qui amène toutes les autres. Le politicien ressemble trop souvent à un enfant s’amusant avec une loupe au dessus d’une fourmilière, il ne ressent pas la chaleur qu’imposent ses agissements, ce qui ne l’empêche pas de garder l’air fier, presque innocent. Voici un échange anodin, mais terriblement parlant.

(Extrait ONPC)

Laurent Ruquier : « Est-ce qu’un jour on pourrait vous voir en politique? »

Mazarine Pingeot : « Non. Je ne vois pas comment le pouvoir pourrait être un fantasme… »

Derrière cette réponse assurément sincère, on peut voir à quel point le mot politique est galvaudé. Le détournement unanime dont il est constamment sujet. On ne s’engage pas en politique pour se rendre utile, ou pour se dévouer à la cause commune, mais pour assouvir un besoin de pouvoir et/ou de confort. Comment peut-on être à ce point à coté de la plaque ? L’attaque n’est évidemment pas dirigée contre Mazarine qui, de part sa filiation et du fait qu’elle soit le fruit d’une polygamie présidentielle, n’a pas le même rapport au politique qu’un citoyen lambda (demeurant une sorte d’icône sacrée de la Ve République qu’on ne peut oser froisser). Non, la question est d’ordre général, mondial, absolu. De gauche comme de droite, extrémiste comme modéré, sympathisant comme dirigeant, tous semblent oublier cet impératif à la fonction : l’honnêteté (intellectuelle et matérielle). La personne qui s’engage en politique devrait savoir laisser sa place dès lors qu’elle n’apporte plus rien; et avoir le courage d’exercer bénévolement, simplement pour le plaisir d’apporter sa pierre à l’édifice…

Oublions un instant l’inévitable argument qui consiste à dire que le politique doit être grassement payé afin qu’il détourne son regard de la corruption, et concentrons nous sur l’unique raison qui devrait être le socle de cet engagement civique : la conviction. La vraie. L’originelle. Celle dénuée de tous calculs d’intérêts personnels, et exclusivement dirigée vers l’intérêt collectif. À défaut d’être protégée, cette posture est en voie de disparition. Bientôt, une légende. Rares sont les démocrates, légion sont les communicants… Pauvre de nous.