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Serge Gainsbourg : Chansonnier des années 1980. Alcoolique et vulgaire. Celui qu’on surnommait « l’homme à la tête de chou » avait compris, bien avant la télé-réalité, que l’indifférence ne servait pas les affaires. Il a ainsi élevé les mauvaises manières au rang de « charisme incroyable » et posé les bases de l’artiste impoli et hautain si caractéristiques des célébrités d’aujourd’hui. Débordant d’obscénité, Gainsbarre fut une diva imbuvable avant l’heure qui prit soin de laisser quelques proses inspirées au panthéon (à la fois vaste et pauvre) de la variété française. Décédé d’un – prévisible mais tardif – cancer à 62 ans, le souvenir moite et ordurier de ses apparitions perdurent chez certains nostalgiques prétendument anticonformistes (principalement dans Paris intra-muros) qui le momifient comme un génie incompris. Le cinéma français sert la dernière tournée de cette beuverie sans retenue en lui consacrant un film en 2010. « Gainsbourg Vie Héroïque » incarné par un acteur méconnu dont le seul génie semble être ce look désaxé de fêtard de fin de soirée : Eric Elmosnino.

Jacques Mesrine : Bandit des années 1970. Ancien bourgeois membre de l’OAS en charge d’éventrer-torturer-exécuter les indépendantistes algériens. Celui qu’on surnomma « l’ennemi public numéro un » fut l’auteur de plusieurs braquages, évasions, kidnappings pour le moins spectaculaires. Jack Mess intriguait la foule car il était atypique. Il ne truandait pas par nécessité mais par orgueil et pour tenter d’égayer la vie monotone d’aristocrate qui lui tendait les bras. Bavard et vaniteux, « l’homme aux mille visages » se pensait insoumis et provocateur. Du Québec à la France (mais visiblement pas en Algérie, là où une rébellion aurait été louable) il prit plaisir à défier l’autorité. Décédé d’une – prévisible mais salutaire – fusillade policière à 42 ans, sa vie de brigand mégalomane devient une icône pour le petit banditisme (principalement en banlieue) qui lui vaut une admiration sans limite. Le cinéma français encaisse la dernière facture de la gégène en 2008 avec « Mesrine L’instinct de mort » interprété par un autre bourgeois avide de sensations fortes, un fils spirituel : Vincent Cassel.

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