Ibn Battûta est un explorateur marocain du XIVème siècle. Assez méconnu en occident, l’homme fut pourtant contemporain du (trop?) célèbre Marco Polo. À quelques différences près : Battûta parcourut près de 120 000 kms en 29 ans – ce qui équivaut au triple de la distance accomplie par le marchand vénitien. Mais surtout, le Tangérois n’était ni commerçant ni navigateur. C’était un érudit avide de découvertes qui vivait grâce aux accréditations qu’il cumulait sur son chemin. Son seul leitmotiv quand il quitte sa terre natale à l’âge de 21 ans est de rejoindre La Mecque pour effectuer son pèlerinage tel qu’il l’avait vu en rêve. Ce premier objectif atteint, le jeune Battûta poursuit sa quête du savoir « jusqu’en Chine s’il le faut ». Trois décennies plus tard, il rentre au Maroc et compile ses précieuses notes. Il meurt à 73 ans en laissant à la postérité un conséquent ouvrage relatant son aventure hors norme.

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En 2011, le célèbre 
Time Magazine lui rend hommage en lui consacrant un numéro (d’où provient la carte ci-dessus), rappelant l’importance de ses mémoires pour décrypter certaines complexités ethnico-religieuses de la région. Mais en dehors des frontières du Maroc, les révérences se font rares. Peu importe car les éveillés savent. L’ultime reconnaissance des mortels n’est pas une étoile carrelée sur Hollywood boulevard. Non. Le top c’est d’avoir un astre ou un objet spatial qui porte son nom. C’est le cas d’Ibn Battûta : un cratère lunaire dans la « mer de la fécondité » a été baptisé en son honneur.