«La droite n’aime pas les arabes. Et la gauche n’aime pas les musulmans» La première fois que j’ai entendu ça, j’étais au lycée. Une retraitée (ancienne militante PCF) me l’avait confié au terme d’une discussion houleuse mais plutôt amicale, en me tapant sur l’épaule comme signe de conclusion. Si sur le moment l’audace de cette dame m’avait fait sourire, je n’avais pas percuté à quel point cet adage pouvait être affreusement vrai. En vieillissant, j’ai vérifié la véracité du propos et la réflexion suivante s’imposa «Étant davantage attaché à mon islamité qu’à mon arabité, je serais donc… de droite». Anecdote à part, j’aimerais reprendre ici trois exemples connus. Trois faits divers récents, qui, à mon sens, symbolisent à merveille cet amour sarcastique, cette relation hypocrito-paternaliste qu’entretiennent les politiques de tous bords avec les musulmans d’apparence. Morceaux choisis…

Exemple 1 : A droite nous avons Brice Hortefeux, à gauche J.F Copé. Le premier est réputé pour son humour essentiellement arabophile, le second pour sa curiosité envers les musulmans consommateurs de pains au chocolat. Au centre nous avons Ziad Takieddine, un très respectueux mécène libanais, accessoirement impliqué dans une multitude d’affaires louches. « Montre moi ton ami je te dirais qui tu es » Ce cliché digne d’un remake de Friends (avec JF Geller, Rachel Copé, Ziad Tribbiani, Phoebe Takieddine, Monica Hortefeux et Chandler Brice) fut pris lors de vacances communes. L’ambiance est détendue, normal, Ziad possède deux énormes qualités : il est plutôt richissime, et préfère le champagne aux viennoiseries chocolatées. (Ps : Sarko’ aux dents de lait, ton intérêt pour cet homme est aussi visible que ton plan de carrière.)

Exemple 2: Les superbes éloges reçues par le très perspicace Amine ne sont plus à raconter. Mais au delà de l’incroyable intelligence du garçon qui lui vaut ces louanges bien mérités (et pour lesquelles il se démena après coup, tel un « house negro » alerté par l’incendie) on remarque la présence des deux mêmes protagonistes. Toujours dans les bons coups Brice et JF. Ce moment de franche rigolade nous permet d’en savoir un peu plus sur le genre de « prototype » susceptible de leur plaire. « Vous vous trompez sur mon ami Brice Horteufeux » dixit Amine. Ah… si ça c’est pas de l’amour (sous fond d’histoire sado-masochiste) je n’y comprends plus rien. (Ps 2 : Bisounours canin, ton goût pour les chemises d’été est aussi affuté que ton sens critique.)

Contre-exemple : Ici, la réciprocité est absente. Tout le monde se souvient de la réaction du maire d’Evry, futur Ministre de l’Intérieur, après avoir serré la main d’un vilain Maure (à gauche sur la photo), certainement présent pour piquer quelques pommes au marché. Son incroyable courage le guidant, Valls refusa d’admettre, après coup, la véritable raison de ces remarques qu’il chuchota à la manière d’un pizzini oral dans une prison de Palerme. Face à la journaliste du peuple Valérie Trierweiler (futur Première Dame) Manu Blanco persiste et signe : ses propos ont mal été compris. Remarquable. (Ps 3 : Kéké españa, tes costards unicolores découragent jusqu’au plus motivé des futurs mariés.)

Conclusion (subjective et dénuée d’ironie) : Il faut être riche et malveillant ou « manger du porc et boire de la bière » ou assez « white-blanco », pour espérer être apprécié par ces gens là. Force est de conclure qu’au vue de ces critères clairement sectaires, et là je m’adresse tant aux dirigeants qu’aux sympathisants, c’est avec un immense plaisir que j’accepte votre inimitié. Cela cristallise mon indépendance, tant politique qu’intellectuelle, et renforce chez moi l’idée selon laquelle, vos prétendues valeurs républicaines ne sont que les têtes de gondoles d’un vil stratagème. A-men.