Flashback… Janvier 2007, plateau du Grand Journal. Arnaud Montebourg glisse un petit tacle au Premier secrétaire PS de l’époque (François Hollande alors en couple avec Ségolène Royal) tout en pensant délivrer une passe décisive à sa candidate (alors en lice pour la présidentielle). Image footballistique qui résume bien ce qui s’est passé ce soir là sur Canal+ (aka le Parc des Princes du Paf). Après ce gênant bide récolté malgré un public réputé « sur-motivé », l’auteur malheureux du flop rappelle le ton humoristique de sa bafouille, en réalisant que sa seule cliente est une joueuse adverse présente également ce soir là (j’ai nommé l’académicienne Nadine Morano). Devant le culot déployé par son invité, captain Denisot (que plus rien ne surprend depuis la victoire du PSG en 1996) se mord les lèvres de gourmandise, regrettant presque de ne pas avoir organisé un duplex avec « le seul défaut de Royal ». On imagine aussi la réaction de la concernée, qui ne doit pas douter des bonnes intentions de son poulain (très en forme), mais qui dut s’étouffer à l’écoute de l’aventureuse boutade. Son compagnon est certes réputé pour son sens de l’humour, mais là, le timing est désastreux. Pour autant, la candidate socialiste a réagi intelligemment en sentant que cette action avait plus de chances de finir en claquage qu’en ouverture du score. Elle s’est donc contentée de réprimander son porte-parole sans dramatiser l’affaire. En joueuse d’expérience, elle sait que certaines initiatives peuvent vous faire regretter l’enthousiasme d’un coéquipier. Ce fut le cas ce soir là.

 

Aujourd’hui… Le même Arnaud Montebourg est ministre sous présidence Hollande, et incarne avec brio (et bien malgré lui) le rôle comique de l’arroseur arrosé. Sa compagne, la journaliste Audrey Pulvar (affublée d’un masque à soudure en écailles de tortue et de mimiques hautaines rythmées par des clignements d’œil interminables entre deux analyses faussement subversives) démultiplie les sorties médiatiques jusqu’à retourner l’odieuse blague de son compagnon contre elle-même. Entre une hypothétique impartialité et une réelle tendance à jouer les stars harcelées, elle porte préjudice au personnage politique qui partage sa vie. Car s’il existe un ministre dans l’équipe d’Ayrault qui donne (réellement) l’impression de se retrousser les manches malgré l’infime marge de manœuvre disponible, c’est bien Montebourg. Protectionnisme, crédits, relance… le ministre (que Laurence Parisot trouve « très sexy » en marinière) s’active sans relâche dans les médias. À la tête d’un ministère aussi nouveau qu’ambitieux (« Redressement productif »), il pourrait se contenter d’agiter des chiffres (faussement optimistes) concoctés par ses collaborateurs en attendant des jours meilleurs. Sauf qu’il n’en est rien, Montebourg fait dans l’ostentatoire. Dans une économie où la rumeur, l’humeur et les jugements à l’emporte-pièce ont un impact considérable sur le marché, cette apparente suractivité n’est pas vaine. La méthode Coué a aussi ses bienfaits.

Bien que le projet socialiste me séduise autant que la dernière frite au fond d’un sachet McDo’, je n’ai finalement qu’une seule remarque à faire au sujet de ce ministre en particulier : le seul défaut d’Arnaud Montebourg, c’est sa compagne.