C’est vrai qu’avec ma condition financière digne d’un fonctionnaire grec enseveli dans la crise, je devrais éviter de me mettre du monde à dos. N’empêche, il y a des choses sur lesquelles c’est difficile de faire l’impasse, et peu importe la précarité de ma situation, je resterai fidèle à ma vision des choses. Ainsi quand je vois (depuis un certain nombre d’années) les différentes récompenses relatives à la création d’entreprises qu’on attribue aux gens de ma région, je me sens… mal. Mal à l’aise de voir des initiatives professionnelles, plus anodines les unes que les autres, recevoir des prix titrés « Société de l’année ». Très agacé également de devoir expliquer qu’on est pas forcément demandeur, au seul motif qu’on rentre dans la case prévue à cet effet. Et enfin fatigué, de se sentir obligé de rappeler certaines évidences trop souvent ignorées : je suis un citoyen comme un autre, mieux, j’ai encore toute ma tête. Alors toute proposition faite sous couvert de diversité, d’intégration, de banlieue, sans la moindre once d’objectivité… c’est next. Cela revient à proposer les Jeux Paralympiques à un athlète valide, en espérant qu’il oublie qu’on boycotte sa participation aux Jeux classiques. Ces petits rouages étatiques constituent une charité déguisée qui justifie cette condescendance banalisée que je ne cesse de dénoncer. Chacun agit comme bon lui semble, nous sommes d’accord. Pour ma part, seul le génie ou la productivité peuvent compter. Le reste, gardez le. Je vous le laisse volontiers.