Ladies & Gentlemans, welcome in Cold War from Paris.Ouest versus Est. L’Histoire est une boucle dit-on, en voici une d’une troublante perfection. L’Ouest parisien incarne la RFA, l’est parisien la RDA. Toutes proportions gardées, Paris et sa région sont aujourd’hui le théâtre d’un remake historique. Contrairement à l’authentique guerre froide, il n’y a pas de concurrence entre les deux blocs. Il existe en revanche une ambiance et un décor très différent.

Économiquement & Socialement.

L’Ouest parisien est riche, tandis que l’Est parisien est pauvre. L’Ouest parisien possède le département le plus riche de France : le 92. L’Est parisien possède lui le plus pauvre : le 93. Le quartier d’affaires et le cœur économique du pays se trouve à la Défense, situé dans l’Ouest parisien. Plus de la moitié des territoires pauvres de Paris se trouve en Seine St Denis, département de l’Est parisien. On peut aussi relever la disparité simplement en citant quelques villes « célèbres » pour des raisons qui leur sont propres. Par exemple, l’Ouest c’est Boulogne-Billancourt, Neuilly-sur-Seine, Suresnes… (Les studios tv, la finance, les boites de com’) Pendant que l’Est, c’est Saint-Denis, Clichy-sous-Bois, Aulnay-sous-Bois… (Les usines, la ZEP, la précarité) Des clichés ? Consultez ce Pdf  datant de 2006. C’est simplement éloquent.

Politiquement & Culturellement.

Comme on peut le voir sur la carte en Une, lors de la dernière présidentielle, l’Ouest parisien (en bleu) a voté majoritairement pour le candidat de droite, Nicolas Sarkozy. Alors que l’Est parisien (en rose) a voté majoritairement pour le candidat de gauche, François Hollande. Comme pour l’ancienne capitale allemande divisée en deux, l’idéologie capitaliste prospère à l’Ouest, quand l’idéologie socialiste se développe à l’Est. Plutôt bluffant. Même son de cloche du côté des municipalités : l’Est parisien compte de très nombreux bastions communistes formant une ceinture rouge (St-Denis, St Ouen, Tremblay…) tandis qu’à l’Ouest, c’est l’économie libérale qui occupe le pavé (Levallois, St Cloud, Sceaux…). Cette disparité peut se remarquer dans des détails de la vie quotidienne, voire dans la manière d’aborder les choses. Encore une fois, oui les clichés ont la peau dure mais ils peuvent avoir l’oeil vif ! Tout cela est vérifiable.

Alors Berlin 1949 – Paris 2012 même combat ? Le parallèle fait sourire et les nombreuses concordances entre ces deux mondes totalement anachroniques ont de quoi surprendre, elles n’en demeurent pas moins réelles. Le berlinois d’après-guerre serait-il devenu le parisien d’aujourd’hui ? En tout cas, le plan Marshall se fait attendre. Welcome in Cold War from Paris.

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