Le PS est en fête. Ses membres sont aussi excités que des ado’ qui projettent un weekend aux Pays-bas. On connait la finalité que prend en général ce genre d’escapades : marrantes mais crevantes. Le problème, c’est la gueule de bois qu’on tape après. Le genre de gueule de bois que connut la France en 2002, et qu’elle risque à nouveau de connaitre tout juste dix ans après.

Ce qui se passe à Amsterdam reste à Amsterdam.

Après un départ encourageant – et des meetings façon « Soldes sur tout le rayon » – François Hollande semble avoir repris son costume d’éternel opposant en ressassant quel genre d’alternative il représente. Oubliant qu’il doit produire plus d’Hollandistes que d’anti-Sarkozistes pour s’assurer un véritable soutien. Bien qu’essayant de marcher sur les pas de l’ancien travailleur social de Chicago (devenu président en jouant la carte du candidat dynamique, spontané et illustrant le renouveau) Hollande aura pourtant bien du mal à cacher son manque d’expérience au plus haut niveau. On sait aujourd’hui que l’équipe de campagne du candidat PS s’inspire beaucoup du camp Obama version 2008. Plutôt compréhensible comme ambition, beaucoup moins comme plan d’attaque. Voir un député corrézien utiliser des méthodes de campagne américaine, c’est assez cocasse… Un peu comme Shakira qui reprend Cabrel.

Tout partait bien pour François. Malheureusement, cela ne va pas durer.

Soyons honnêtes. Son personnage politique est plus proche du maladroit José de « Scènes de Ménages » que du Président ricain de « 24h Chrono » et ça, qu’on se l’avoue ou non, c’est un vrai problème. On sait qu’une grande majorité des électeurs ne se décident quelques semaines seulement avant le jour j. L’inconscient joue donc bien plus qu’on ne l’imagine. L’image du type « mou mais sympatoch » qu’il véhicule depuis plusieurs années pourrait lui jouer des tours. Une perte de poids et un relooking façon M6 ne suffiront pas. L’électeur (ou téléspectateur, c’est selon) est torturé de messages plus contradictoires les uns que les autres. Hollande le sait, mais fait mine de ne pas le voir. Sarkozy le sait aussi… Et se le répète chaque jour.

Candidat constant, mais inconsistant.

Le défi est en réalité énorme. Faut-il rappeler qu’il n’a jamais été ministre ? (contrairement à la candidate PS de 2007 par exemple). Faut-il rappeler qu’il a passé plus de temps dans l’opposition à critiquer jusqu’à user son esprit de contradiction qu’à la barre en confrontation directe avec les idées qu’il propose ? Détrompez-vous, ce n’est pas un détail, c’est une montagne. Personne sous la Ve république (excepté le singulier De Gaulle) n’a été président sans avoir été ministre auparavant. Même son parrain spirituel, François Mitterrand, a usé ses mocassins pendant de longues années dans différents ministères avant de parvenir à l’Élysée. La réalité est parfois décevante mais il faut savoir l’accepter. Malgré l’optimisme des sondeurs, le second tour est tout juste envisageable. La victoire finale, une utopie. Hollande n’est pas seulement roi au pays de la rose, il est aussi empereur au pays des fleurs…

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