Lettre ouverte au trublion de l’école Ministre de l’Intérieur, enfant monsieur Guéant.

Votre dernière sortie en date n’est malheureusement pas la première du genre. Les nombreux dérapages à votre actif témoignent de votre plaisir à jouer ce rôle de Ministre des fauteurs de troubles Intérieur. Un oxymore dont vous semblez être fier. En tant que délégué de classe haut fonctionnaire chargé de la Sécurité Intérieure, vous devriez être un exemple et participer à la quiétude ambiante plutôt que de pratiquer l’insolence dans la cour de récréation. Vous semblez prendre un malin plaisir à représenter cette France « Dark Side » : malhonnête, inculte et pour le moins xénophobe. Je suis dans l’obligation de vous imposer un cours de rattrapage avec notre professeur de substitution qui s’est gentiment porté volontaire… M. Ramirez.

Señor, vos bafouilles n’auraient pas été scandaleuses si vous aviez comparé différents régimes politiques, pour ensuite vous aventurer à décerner telle ou telle supériorité à l’un d’entre eux. Nous aurions pu d’ailleurs nous entendre, sauf qu’il en est rien. Face à la presse, en représentation officielle, vous avez fait un amalgame (civilisation ≠ régime politique) digne d’un collégien plus occupé à reluquer sa copine de droite qu’à travailler son cours d’Histoire. Par conséquent, par souci pédagogique mais aussi d’équité et de clarté, je vous rappellerai certains points. Des évidences pour certains, mais à coup sûr des découvertes pour d’autres, tant la calomnie nourrit votre parole et accessoirement celle de l’État. Voici donc quelques (rapides) exemples qui démontreront que la civilisation musulmane n’a pas de leçon à recevoir d’un exécutant sans profondeur tel que vous, qui n’êtes finalement qu’un maillon administratif qui agit mécaniquement sans la moindre réflexion. Et puisqu’il est coutume dans cette orgie de mensonges de s’attarder sur les droits de la femme, qui seraient « bafoués » voir « inexistants » dans la civilisation musulmane, j’aborderai la question par quelques passages historiques les concernant… Claude prenez des notes ou j’appelle vos parents !

1er exemple : Concernant l’existence de la femme au sein même du couple, en tant que personne à part entière, la France a attendu 1884. Oui, 1884, pour (enfin) légiférer le couple. Auparavant, la séparation était inconcevable. L’acquisition d’un statut pour l’épouse induisait la possibilité pour elle de divorcer. Pour rappel, la femme musulmane – et ce partout dans le monde, car il s’agit là d’une civilisation et non d’un régime politique – peut le faire depuis plus de 1400 ans. Le Coran, élément fondateur de cette civilisation, évoque et légifère le cas dans une sourate qui lui est entièrement dédiée. Permettant à l’épouse de demander le divorce si l’époux ne respecte pas ses engagements. En d’autres termes, cette civilisation que vous jugez « inférieure », prévoyait un statut pour la femme mille ans avant que la France ne se penche sur la question. L’écart n’est « que » d’un millénaire dites-vous (VIIe – XVIIIIe) ? Oui à l’échelle géologique, ce n’est pas énorme. Mais ici vous êtes en cours d’Histoire, pas en Sciences Nat !

2ème exemple : Concernant l’existence de la femme au sein de la société, en tant qu’acteur économique indépendant, la France a attendu (au moins) 1881. Oui, 1881, pour qu’elle puisse simplement ouvrir un compte bancaire sans l’accord de son époux. Pire, elle dut attendre le 20ème siècle (1907!) pour avoir le droit de disposer seule de son salaire. Avant cela, les gains ou l’activité rémunérée d’une épouse revenaient automatiquement à son mari. Pour rappel, dans la civilisation musulmane, Khadija est la première femme du prophète. Elle représente par conséquent le modèle type de réussite et d’émancipation pour la gente féminine. Cette femme, seule, fut une véritable business woman, plus riche et plus puissante que de nombreux notables de la région. Elle était à la tête de sa propre affaire comptant plusieurs employés (hommes) sous sa direction, et gérait donc ses propres finances. Naturellement, la femme musulmane dispose des mêmes droits et ce depuis (au moins) 1400 ans. Vous le saviez ?

Ces deux angles, « marital et économique », ne constituent pas les seuls domaines. Je pourrais continuer comme cela avec l’IVG, l’héritage… et d’une manière plus générale, avec le rôle prépondérant que jouèrent les différentes sciences dans la naissance d’une période dorée de l’histoire de France, qu’on appelle aujourd’hui « La Renaissance ». Mais point trop n’en faut.

Contrairement à vous, mon but n’est pas de comparer telle ou telle civilisation, car c’est tout bonnement aberrant, mais simplement de vous inviter à une certaine humilité. Ce type de débat n’a aucun sens. Comparer les civilisations revient à comparer certaines couleurs, c’est stérile car la subjectivité de chacun prendra toujours le dessus. De plus, vous oubliez une donnée essentielle : les couleurs comme les civilisations, dépendent bien souvent l’une de l’autre, ce qui empêche au final toute tentative d’égarement qui voudrait affranchir le rayonnement de l’une au détriment des autres. Alors par pitié, un peu de sérieux (vous êtes énarque parait-il) si cela vous fait tant plaisir, vous pouvez poursuivre vos boniments. Mais au bistrot avec le polo du dimanche, pas en semaine avec le costard ministériel. Et sachez que malgré vos invectives (pas toujours) dissimulées, je resterai fidèle à mes origines, tant culturelles que religieuses, et, afin de vous faire comprendre de quelle manière j’aborde vos interventions, je vous cite un proverbe (dont l’origine ne vous laissera pas indifférent, j’en suis sûr) « Les chiens aboient. La caravane passe » Allez Claude filez, c’est l’heure de la récré’