Le comité du T.O.Y récompense l’escroquerie, la barbarie ou l’imposture des dirigeants. Pour 2011 dans la catégorie « Chef d’État », le lauréat du « Mayor Quimby Thug Of the Year » est… Bachard el-Assad. Celui qu’on a rebaptisé Usain Bachard pour sa capacité à battre des records le sourire aux lèvres, a simplement écrasé toute la concurrence durant ce « Printemps arabe ». Il a de plus bénéficié d’un lobbying agressif de son collègue russe (les mauvaises langues disent que Poutine l’a fait pour être à son tour soutenu en 2012). Chez d’autres, la déception est grande. Berlusconi pensait mériter le trophée en hommage à sa flamboyante carrière, tout comme Sarkozy, furieux. Estimant qu’avec son intervention en Libye, il avait ses chances. Mais le comité a tranché et, pour l’occasion, un historique des lauréats vous est proposé.

  • 2000 : Georges W. Bush (USA) : Pour son élection présidentielle truquée controversée, suivie de l’assassinat politique d’Al Gore. Un nom et un style déjà connu mais un personnage hybride encore jamais vu. Lucky Luke dans le corps de Mister Bean avec le raisonnement d’Homer Simpson. La diplomatie façon texane, l’entrée en matière est spectaculaire. Le monde découvre son nouveau shérif.
  • 2001 : Slobodan Milosevic (SER)  : Pour son entêtement, et son refus d’obtempérer. Après la guerre qu’il traversa en sifflotant (comme son sosie, le Colonel Hogan dans « Papa Shultz« ), il refusa de s’expliquer sur son génocide massacre. Retranché dans son fief avec ses derniers fidèles, tel un Pablo Escobar des Balkans, il finira par se faire capturer. Mais n’entendra pas la fin de son procès…
  • 2002 : Jacques Chirac (FRA) : Pour l’ensemble de sa carrière. Le Spaggiari de la politique. De la Mairie de Paris à l’Élysée, en passant par Matignon, Jacques n’était pas du genre à repartir les mains vides. L’apogée reste cette superbe escroquerie du second tour de l’élection présidentielle, où il obligea ses opposants (sans effusion de sang) à l’aider à rester sur le trône. Un coup magistral. Respect.
  • 2003 : Georges W. Bush (USA) : Pour la guerre d’Irak bien entendu, qui restera dans l’histoire comme son meilleur coup. Oser tenter (et presque réussir) le plus gros braquage de ces 40 dernières années, contre l’avis général du club (l’ONU), il fallait oser. Bush a définitivement prouvé aux plus sceptiques qu’il n’allait pas se gêner et qu’il fallait compter sur lui, surtout à l’heure de manger. Une vraie tête brulée.
  • 2004 : Georges W. Bush (USA) : Pour sa réélection sur le fil. Net et sans bavure apparente. Ce qui contraint la commission du TOY à lui laisser le trophée. C’est le troisième mais W dit en privé qu’il en veut plus et qu’il rêve de virer le « Catho de la côte Est (Kennedy) » des livres d’histoires. Mission impossible car JFK avait décroché quatre TOY en seulement deux ans. Une performance jamais égalée.
  • 2005 : Ariel Sharon (ISR) : Pour l’ensemble de sa carrière. De Sabra et Chatila, en passant par la provocation qui relança l’Intifada dont il avait besoin (et qui a, semble t-il, inspiré un Ministre de l’intérieur français) jusqu’aux plans affreusement hypocrites signés avec la partie adverse. Ariel Sharon, militaire de formation, est une brute de la vieille école. L’année 2005 sonne la fin de la récré’ pour lui.
  • 2006 : Kim Jong-il (CdN) : Pour l’acquisition, et l’utilisation, de ses joujoux nucléaires. Formé à la « Worst than Daddy School » (école internationale, qui fait fureur chez les dictateurs désireux d’offrir la meilleure formation possible à leurs descendants) Kim Jong-il, tel une bimbo dans une pub l’Oréal, dit au monde « Est-ce que je peux moi aussi avoir l’arme nucléaire ? Bien entendu. Parce que je le vaux bien… » 
  • 2007 : Nicolas Sarkozy (FRA) : Pour le Saint Graal décroché. Il y a 5 ans déjà, la commission l’avait déjà remarqué (lors des émeutes urbaines de 2005) mais il était inéligible car « simplement » ministre. Depuis, celui qui fait passer Joe Pesci pour un moine Bouddhiste, a fait du chemin. Parti majoritaire subtilisé, ennemis discrédités, ses meilleurs coups ont fait l’objet d’un film : Arnaques, crimes et Breitling.
  • 2008 : Nicolas Sarkozy (FRA) : Pour la libération d’Ingrid Betancourt (qui prouve l’importance de son réseau en Amérique Latine). KarachiGateExtorsions de fonds, petits cadeaux aux amies… ses faits d’armes sont nombreux. De plus, Nicolas est ambitieux et ne craint pas l’exposition. En décrochant son deuxième TOY en deux ans, la commission voit en lui le digne héritier de W, qui se retire la même année.
  • 2009 : Barack Obama (USA) : Pour le Prix Nobel accepté. L’arnaque à la sucrerie. Telle une boulangère aux attributs généreux, Barack tente constamment de vous divertir pour vous vendre ses bonbons (même les plus acidulés). Résultat des courses, il fait son chiffre d’affaires et le client reste sur sa faim. Parfois surnommé « Da Black Chirac » outre-Atlantique pour ses similitudes avec le parrain corrézien.
  • 2010 : Ali Bongo (GAB) : Pour avoir préservé l’héritage de papa (dans toute sa plénitude). Avec l’aide de ses amis, il a efficacement géré les troubles liés à son imposture. Pour Ali, les élections c’est d’abord un diplôme que l’on reçoit, pas un examen. En plus du réseau paternel (qu’il hérite en affichant sa crinière d’enfant gâté, tel un Jean Sarkozy d’Afrique), Ali récupère aussi la Légion d’honneur.
  • 2011 : Bachard el-Assad (SYR) : Pour la boucherie sans nom qu’il fait subir à ses propres administrés. Un physique de comptable un peu gauche dans une PME stéphanoise, mais un caractère suffisamment démoniaque pour incarner le pervers du film Saw. Apres Kim Jong-il et Ali Bongo, « Usain Bachard » est le 3ème ancien pensionnaire de l’efficace Da « Worst than Daddy » School à recevoir le prix.
  • 2012 : Vladimir Poutine (RUS) ? : Rien n’est encore fait mais « RoboPope » semble bien parti.  Extrêmement confiant, on raconte qu’il a bâti déjà un musée pour honorer sa prochaine victoire, mais les prétendants sont nombreux… Réponse en 2012 !