FlashBack 1 : « Swag is nothing »

J’aimais bien Olivier, mais mon côté outsider préférait Mark Landers. Les manches retroussées, le teint mat, le regard méfiant, Mark était, pour les enfants de mon pedigree, le plus identifiable de tous les personnages du dessin animé. Olivier avait plein d’amis, une maman cool et un jeu classe. Mark vivait seul avec son père, et son jeu était efficace. Point barre. Déterminé, courageux et costaud, chacun l’appréciait pour ses propres raisons. Il avait le rôle de « celui qu’on aime détester » pour ma part, il m’a surtout fasciné. J’ai même été jusqu’à le copier dans sa préparation physique. En vacances familiales sur les plages de Saidia, je reproduisais ses exercices : « Frapper contre les vagues comme dans un ballon, et voir ainsi sa puissance de frappe décupler… » (j’y croyais à mort). À part m’avoir rendu les jambes rouges, oscillant avec le violet, ça n’a pas vraiment marché. Cela déclencha par contre la stupeur de ma mère. En plus de m’avoir occupé, ce chef d’œuvre nippon m’a littéralement formaté « Le sport est une bataille et la vie est un sport » Parole de gosse élevé avec Olive et Tom.

FlashBack 2 : « Conditioning is everything »

Un film m’avait terriblement marqué: « Un fauteuil pour deux » pour ceux qui ne connaissent pas ce bijou, shame on you, je vous fais un rapide topo. Les 2 personnages principaux sont : Louis Winthorpe (interprété par Dan Aykroyd) un jeune cadre prometteur à la vie impeccable, et Billy Ray Valentine (interprété par Eddy Murphy) dans le rôle d’un escroc mendiant qui se fait passer pour un vétéran du Vietnam. Les deux hommes vont se retrouver au coeur d’un pari orchestré par les supérieurs de Louis, deux vieux richissimes patrons de la finance. Le pari consistait à voir si le premier venu, pioché au hasard, serait capable d’assumer un poste à hautes responsabilités. Pour cela, ils piègent Louis afin qu’il démissionne et le remplace par Billy Ray, fraîchement cueilli dans la rue. La suite du film surfe sur le registre de « l’arroseur arrosé » mais ce qu’avait retenu mon petit cerveau d’enfant en mutation, c’était que Billy Ray (dénigré quelques temps avant) avait été à la hauteur de la mission. Mon innocence m’avait fait passer à côté de la morale voulue par le réalisateur mais le message retenu n’en était pas moins puissant : « Montre moi et je saurai refaire ». Des débuts autodidactes à l’apprentissage par mimétisme, j’ai compris que l’essentiel n’était pas tant d’avoir, mais de vouloir.

Petit message, faussement subliminal, destiné à tou(te)s les pédant(e)s condescendant(e)s que je croise dans ma vie. En d’autres termes, et je le dis individuellement aux personnes concernées qui me lisent ici : « Inutile de gonfler le torse ou de lever le menton en insinuant que ta formation aurait plus de prestige ou de prétention. Ce n’est qu’un conditionnement, rien d’autre. Une forme sans fond. Et s’il le faut, je te rejoindrai sur ta propre piste malgré un retard de moins dix dû à ma geôle. En fond, demi-fond ou en sprint, je brûlerai la gomme pour venir te taper l’épaule. En somme, n’oublie jamais que Mark Landers ou Billy Ray Valentine, également je me nomme. Je garderai toujours un œil sur toi, même du haut du podium. »