Éric Zemmour
« On ne s’étonne plus qu’une Ministre de la république prénomme sa fille Zohra »

Tarikson Ramirez
« On ne s’étonne pas non plus que le Président de la république prénomme sa fille Giulia »

En 2009 dans une tribune pour Le Figaro, Eric Zemmour craignait de voir Gaza importé dans les rues parisiennes. Dans un retournement digne d’un VRP véreux, il poursuit ensuite sur une pseudo exaltation identitaire qui serait née dans les années 1980 et critique, afin de créditer son délire victimaire, le choix de Rachida Datialors ministre de la Justiced’avoir osé appeler sa fille Zohra. Aujourd’hui, j’aimerais savoir ce qu’il pense de la francité du prénom choisi par le Président de la république pour sa fille : Giulia (prénom d’origine italienne) et si cela ne témoigne pas d’un repli communautaire de la première Dame ? Ne craint-il pas que l’on importe la mafia à l’Élysée – pas le berlusconisme, c’est déjà fait – ou que les éboueurs parisiens s’inspirent de leurs homologues napolitains ? Non, et c’est bien le problème. Son point de vue est recevable jusqu’à ce qu’il le dirige contre une seule communauté. C’est à dire à chacune de ses sorties. Pour Carla Bruni, en l’occurrence, il doit voir ça d’un oeil attendri et se dire que la chanteuse muette doit avoir une tante à laquelle elle veut rendre hommage (tu parles, c’est pour les Beatles). Un raisonnement construit mais anormalement sélectif rôde dans l’esprit de cet homme. Sa vivacité d’esprit, qu’il faut reconnaître, ne sert pas à grand chose tant qu’elle est associée à l’ouverture d’une porte de cachot. Rappelons à monsieur Zemmour que chacun a des origines et une culture auxquelles il tient. Et que si son son amour pour l’assimilation le pousse à nommer scrupuleusement son scotch un : « rouleau de ruban adhésif », c’est son problème, pas le nôtre.